Le temps qu’on ne se donne pas, personne ne nous le rendra. Pas un patron qui dit qu’il “compte sur toi”. Pas des enfants qui pensent que tu seras toujours là. Pas un partenaire qui croit que tu vas bien parce que tu ne te plains pas.
Ce temps-là, il faut le prendre. Activement. Presque agressivement, au début. Parce que personne ne le proposera à ta place.
On ne nous a pas appris
Si tu lis ces lignes en te disant “oui mais moi je n’y arrive pas, je culpabilise, je n’ose pas” c’est normal. Tu n’es pas le problème. On nous a élevées à être disponibles. À répondre vite. À deviner les besoins des autres avant qu’ils ne les expriment. À ne jamais être celle qui dérange.
Et un jour, on se retrouve à 30, 35, 40 ans, avec une carrière, une famille, une vie sociale et l’impression bizarre de ne plus vraiment savoir ce qu’on veut, soi. Pas ce que son corps veut. Pas ce que son désir veut. Pas ce que son plaisir veut.
C’est là que ça commence. Pas avant.
Une phrase qui revient souvent
Dans les cabinets des sexologues et des thérapeutes spécialisées dans le bien-être féminin, il y a une phrase qui revient, presque systématiquement, au bout de quelques rendez-vous.
Pas “je suis triste” Ni “je suis fatiguée”. Ou “j’ai un problème de couple”. Mais “Je ne sais plus ce qui me fait du bien“.
C’est vertigineux quand on y pense. Parce que ce n’est pas une question d’orgasme, de fréquence ou de désir. C’est une question d’identité. Quand on ne sait plus ce qui nous fait du bien, on ne sait plus tout à fait qui on est.
La bonne nouvelle, c’est que ça se retrouve. Pas en thérapie pendant dix ans. Pas en partant en retraite spirituelle. En se donnant du temps. Régulièrement. Sans condition.
Pourquoi le bien-être intime ?
Parce que c’est l’endroit du corps qu’on visite le moins.
On prend soin de sa peau tous les jours. On va chez l’ostéo quand on a mal au dos. On fait du yoga, on court, on nage. On masse ses pieds parfois, son cou souvent. Mais son intimité ?
Souvent, on ne la touche que dans deux contextes : pendant un rapport sexuel, ou pendant un examen gynécologique. Deux situations où, justement, on n’est pas vraiment en train de l’écouter. On est en train de la performer, ou de la subir.
Or, c’est une partie du corps qui mérite infiniment plus d’attention que ça. Pas pour le plaisir au sens performatif. Pour la connaissance. Pour la conscience. Pour le simple fait que c’est ton corps, et qu’il a le droit d’être habité.
Les bénéfices, soyons concrètes
Pas d’enrobage. Quand on commence à s’accorder ce temps régulièrement, voici ce qui change. Et c’est documenté, pas seulement une question d’expérience personnelle.
Le sommeil s’améliore. L’ocytocine (l’hormone du plaisir et de l’attachement libérée naturellement lors d’un orgasme) qu’il soit en solo ou non favorise un endormissement plus rapide et un sommeil plus profond.
Les douleurs menstruelles diminuent. Plusieurs études le montrent : une activité sexuelle régulière atténue les crampes pendant le cycle.
Le stress baisse. Réellement. Le cortisol, (l’hormone du stress), chute après un moment d’intimité et l’effet dure plusieurs heures.
La relation au corps change. C’est peut-être le plus important. On cesse de le voir comme une chose à surveiller, à corriger, à présenter et on commence à l’habiter. Différence majeure
Ce qui bloque, en vrai
Quand on demande aux femmes pourquoi elles ne prennent pas plus de temps pour elles, ce qu’on entend est rarement ce à quoi on s’attend.
Ce n’est pas la honte. Ou en tout cas, plus autant qu’avant. La plupart des femmes ont en majorité dépassé ça.
Ce n’est pas le manque d’envie. L’envie est là, presque toujours. Parfois enfouie, mais là.
Ce qui bloque, c’est la culpabilité du temps “improductif”. Cette petite voix qui dit : “j’ai mille choses à faire, je ne peux pas m’allonger une demi-heure pour rien.”
Et c’est précisément cette voix qu’il faut apprendre à faire taire. Parce qu’elle se trompe. Ce temps-là n’est jamais perdu. Il est l’un des plus rentables de la semaine au sens où il infuse tout le reste : ta lucidité, ta patience, ton énergie, tes décisions.
Comment commencer (vraiment)
Pas de méthode magique en trois étapes. Mais quelques principes qui aident, la plupart du temps.
Commencer petit. Pas une heure. Pas un rituel élaboré avec bougies, huile et playlist Spotify. Dix minutes. Sans téléphone. Sans objectif. Juste toi, dans ta peau.
Choisir un moment fixe. Pas “quand j’aurai le temps”. L’inscrire dans la semaine comme on inscrit un rendez-vous. Parce que c’en est un. Avec quelqu’un d’important : soi.
Accepter que ce soit étrange au début. La première fois qu’on s’accorde ce temps consciemment, on peut se sentir bizarre. Comme si on trichait, comme si on volait quelque chose. C’est juste l’habitude qui résiste. Ça passe.
Ne pas mesurer. Ne pas évaluer. Ne pas se demander si “ça a marché”. Le seul critère, c’est : est-ce que je l’ai fait ? Si oui, c’est gagné. Le reste suivra.
Et l’intimité physique, dans tout ça ?
C’est une question fréquente : “Faut-il forcément se masturber pour s’occuper de soi ?”
La réponse honnête : non. Mais souvent, oui.
Non, parce que prendre du temps pour soi peut prendre mille formes. Un bain, une lecture, une marche, un silence. Tout ça compte.
Mais souvent oui, parce que l’intimité physique avec soi-même est l’une des formes les plus puissantes de retour à soi. C’est ce qui réconcilie le corps et l’esprit, ce qui ramène la conscience là où elle est partie. C’est aussi, soyons honnêtes, l’une des plus négligées dans nos vies de femmes.
Si tu n’as pas l’habitude, pas de pression. Commencer par l’écoute. Par le toucher attentif, sans but. Voir ce qui vient. Le reste s’apprend à force d’essayer, sans jugement.
L’objet, à un moment donné
Il n’y a aucun dogme à avoir sur les objets intimes. Certaines femmes en utilisent toute leur vie et s’en passent très bien d’autres les découvrent à 40 ans et confient avoir l’impression d’avoir perdu vingt années.
Ce qu’il faut retenir, c’est ceci : un bon objet, c’est un compagnon de découverte, pas un substitut ni un palliatif ou encore une bouée.
Le bon objet est celui qui respecte. Qui propose sans imposer. Qui laisse maîtresse de l’intensité, du rythme, du moment. Et qui détail qui n’en est pas un donne envie d’être sorti de son écrin, parce qu’il est beau et qu’il a été pensé pour toi.
C’est ce qui change tout. La différence entre un outil et un objet de soin..
Pour finir
S’il fallait retenir une seule chose de cet article, ce serait celle-ci :
Le temps que tu prends pour toi n’est pas du temps en moins pour les autres. C’est du temps en plus pour la femme que tu es vraiment.
Et cette femme-là, elle vaut le détour. Promis